ENTRETIEN. \"Il n'y a pas d'impact sur le corps à moyen ou long terme\

Big Data Aug 26, 2026 IDOPRESS

À l'intérieur de la Station spatiale internationale,l'astronaute Sophie Adenot a deux priorités : se reposer et s'entraîner pour préserver sa masse musculaire. (JACQUES-ALEXANDRE BRUN )

Sophie Adenot replonge dans le vide de l'espace pour un peu plus de six heures,mardi 25 août,afin de remplacer une antenne de communication défectueuse. Réparation qui a pris du retard la semaine dernière en raison de boulons récalcitrants. Une nouvelle sortie qui mobilise le corps,au cœur d'une mission toute aussi physique de huit à neuf mois dans l'apesanteur de la Station spatiale internationale. Stephen Alamo est médecin à l'Agence spatiale européenne. Selon lui,nulle crainte à avoir concernant l'astronaute,entraînée et équipée pour survivre même aux températures les plus extrêmes - entre moins 50 et plus 120 degrés en fonction de la position du soleil. Stephen Alamo est médecin à l'Agence spatiale européenne.

Franceinfo : Malgré la combinaison et le scaphandre,cette sortie extravéhiculaire reste impressionnante de par l'effort que va devoir fournir l'astronaute et les températures auxquelles son corps sera exposé. Y aura-t-il une incidence sur le corps ?

Stephen Alamo : Bien sûr,tout ça a une incidence sur le corps mais rien d'extraordinaire. On considère que la sortie extravéhiculaire est à peu près équivalente à un marathon. Tout simplement parce que c'est quelque chose de très physique. Il y a un différentiel de pression entre la combinaison et le vide spatial,qui fait que chaque mouvement est beaucoup plus difficile à réaliser que sur Terre. Et chaque mouvement entraîne une dépense énergétique en calories comme une perte hydrique en transpirant,très similaires à celles d'un marathon.

Pour l'aider à compenser ces pertes,la combinaison est équipée de tout un système avec un sac d'eau,qui lui permet de s'hydrater régulièrement. Et également plusieurs systèmes de survie. Quant au scaphandre,il lui permet de réguler la température corporelle et d'éviter un trop grand différentiel de pression. La combinaison est une sorte de vaisseau spatial à part entière.

Après la première sortie le 18 août pour réparer l'antenne Space-To-Ground 2 (SGANT-2),utilisée pour relayer les communications et les données entre la Station et les contrôleurs au sol,qu'a fait Sophie Adenot pour se préparer aussi vite à la deuxième ?

Dans le cas de Sophie Adenot,le corps subit déjà des modifications liées à la microgravité. Avant chaque sortie extravéhiculaire,il faut entraîner le corps de manière un peu plus intense pour éviter la perte osseuse et la perte musculaire,et pour que la sortie se fasse dans les meilleures conditions.

Très concrètement,comme un sportif,il y a du repos entre les deux sorties pour pouvoir récupérer de la première sortie extravéhiculaire. Seulement ensuite,il y a des exercices orientés notamment sur la partie haute du corps,notamment les bras et les mains qui sont les parties les plus sollicitées lors de ces interventions.

Les sorties extravéhiculaires ont-elles un impact durable sur le corps ou n'est-ce finalement dû qu'à la présence de l'astronaute dans l'espace ? Quels sont les risques ?

Il n'y a pas d'impact sur le corps à moyen ou long terme du fait des sorties spatiales. C'est la microgravité,donc la pesanteur,qui va créer le déconditionnement physiologique. Mais les sorties extravéhiculaires,elles,n'impactent pas directement le corps sur le moyen ou sur le long terme. La présence dans l'ISS va créer des modifications du corps,mais la sortie extravéhiculaire n'accélère pas ce processus.

Le risque le plus connu,c'est l'appauvrissement de la masse osseuse et de la masse musculaire. Il y a aussi des modifications au niveau cardiovasculaire avec des changements de pression,et le volume sanguin ne se situe plus du tout dans la même partie du corps. Ça peut entraîner des atteintes neurologiques ou parfois oculaires qui peuvent être irréversibles.

Il y a donc,au retour des astronautes,une longue période de récupération,qu'on appelle une période de réhabilitation. Avec des préparateurs physiques,des kinésithérapeutes et autres professionnels du secteur médical,les astronautes passent par une phase sportive de réadaptation à la vie terrestre et à la gravité pour récupérer du muscle,récupérer de l'os et revenir sur des valeurs normales.

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