
Une fusée de l'entreprise allemande Isar Aerospace décolle depuis son pas de tir à Andoya,en Norvège,le 5 septembre 2026. (ISAR AEROSPACE )
Viser la Lune,ça ne lui fait pas peur. A l'initiative d'Emmanuel Macron,Paris accueille,mercredi 9 et jeudi 10 septembre,son premier Sommet international sur l'espace. Il doit réunir,sous la verrière du Grand Palais,des représentants de plusieurs dizaines de pays et de nombreux industriels du secteur,afin de promouvoir le dialogue et la coopération européenne.
Sont invités des gouvernements,des acteurs institutionnels,des entreprises de toutes tailles,des chercheurs et le grand public,selon l'Elysée. Plusieurs annonces sont prévues sur le plan industriel. Mais le sommet se tiendra finalement sans deux poids lourds du secteur,les entreprises américaines SpaceX et Blue Origin,sur fond d'interrogations sur de possibles pressions de la Maison Blanche. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de l'événement.
Il évoquait "quatre piliers". D'abord,"un travail réglementaire" pour renforcer l'encadrement du secteur spatial au niveau mondial. Ensuite,un travail sur "la science et de l'exploration" de l'espace,"notamment sur le partage des données". Les participants aborderont aussi la question de "la sûreté,où le changement de l'environnement spatial va créer des nouveaux problèmes de sécurité,de garantie d'accès…"
Enfin,"l'économie du spatial sera un thème majeur",avec la recherche d'une "convergence des agendas : utilisation croissante des orbites basses,structuration de l'économie du spatial,grands champs scientifiques,exploration de la Lune,développement des talents",détaille le ministère des Affaires étrangères. La coopération européenne,particulièrement franco-allemande,doit également être un sujet central. Emmanuel Macron voit dans ce sommet une opportunité pour l'Europe d'affirmer "sa vision pour les dix ans à venir et la place qu'elle veut prendre",souligne l'Elysée.
Mais le sommet pâtira d'un désistement de poids : le chancelier allemand Friedrich Merz a finalement annulé son passage à moins d'une semaine de l'échéance. Il devait coprésider ce rendez-vous,l'Allemagne étant un partenaire essentiel de la France dans le cadre de l'industrie spatiale européenne. Son agenda chargé ne lui a laissé "aucune marge",selon un porte-parole du gouvernement allemand. L'Allemagne sera représentée par ses ministres de la Défense,Boris Pistorius,et de l'Espace,Dorothee Bär.
"Je ne peux pas vous confirmer la véracité de ces faits ou pas. Ce que j'ai immédiatement dit,c'est que nos partenaires américains,que ce soit l'administration américaine,les agences spatiales (…),les scientifiques et les industriels,sont tous les bienvenus" a réagi le ministre français,Philippe Baptiste. Les Etats-Unis ne seront pas absents pour autant,puisqu'"il y a énormément d'entreprises américaines qui seront représentées à tous les niveaux",soutenait l'Elysée vendredi.
Le Gifas espère renforcer ses liens avec son équivalent allemand,le BDLI. "On a intérêt à coopérer (...). Dans nos filières,beaucoup de nos adhérents sont déjà multinationaux,franco-allemands",comme Airbus ou ArianeGroup,a souligné Jean-Marie Bétermier,directeur espace de Safran Electronics & Defense,qui représente les équipementiers au sein du Gifas. Hervé Derrey a de son côté déploré la fragmentation dans le spatial européen et les velléités de "certains pays" de "développer des activités redondantes et concurrentes",en profitant de l'argent injecté dans le spatial.
La France prévoit aussi "plusieurs déclarations" internationales à l'issue de ce sommet : "une sur le partage des données scientifiques dans l'espace","une sur les fréquences" et "une sur la surveillance de l'espace","notamment liée au sujet (…) des débris" spatiaux,qui peuvent représenter un danger pour les satellites et même un péril mortel pour les astronautes.
D'autres déclarations spécifiquement européennes sont prévues,notamment sur "l'accès à l'espace au niveau européen",et en soutien au programme Copernicus. Le sommet sera un "moment politique pour l'Europe",qui démontre qu'elle est un "acteur impliqué,fort,motivé",a affirmé Philippe Baptiste,soulignant la présence de la présidente de la Commission européenne,Ursula von der Leyen.
